Réaction du Parti socialiste après l’Accord Européen

Le Parti Socialiste prend acte de l'accord obtenu au Conseil européen entre les vingt-sept chefs d’État et de gouvernements de l’Union européenne, qui ouvre la voie à un plan ambitieux. Cet accord doit beaucoup à la famille socialiste et social-démocrate et à l’initiative du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez (PSOE), qui proposait un plan, repris par le couple franco-allemand.
Ce plan de relance était urgent et nécessaire pour affronter les conséquences de la crise sanitaire, économique et financière. Malgré les reculs imposés par les pays dits « frugaux », il marque un tournant dans la construction européenne : désormais, les Européens acceptent de se doter d’outils solidaires d’intervention budgétaire pour faire face aux crises frappant l’Union. Après les politiques communes et la monnaie commune, c’est une nouvelle étape de la construction européenne qui s’amorce.
Le Parti Socialiste apporte donc un soutien clair à ce plan, tout en restant mobilisé pour l’améliorer et vigilant sur ses conditions de mise en œuvre. Il n’est en effet qu’une première pierre sur le chemin vers l’Europe sociale, écologique et démocratique que nous appelons de nos vœux.
L’inclusion des objectifs de l’accord de Paris sur le climat et la vigilance contre les atteintes à l’État de droit sont des avancées positives, mais des précisions s’imposent pour que ces conditions soient effectivement respectées.
L’Europe doit également trouver les moyens communs de rembourser cette nouvelle dette commune sans nouvelle contribution des Etats, en s’appuyant sur de nouvelles ressources propres comme la taxe sur les plastiques à usage unique, mais aussi et surtout via un impôt européen sur les grandes fortunes, une contribution carbone aux frontières de l’Europe et une taxe sur les transactions financières.
Le budget pluriannuel de l’Union est la victime collatérale de l’accord intervenu, ce qui n’est pas acceptable. Les politiques communes de l’Union ne doivent pas être fragilisées, et il est indispensable de revenir sur les coupes intervenues dans les financements pour la santé, la jeunesse (erasmus), la recherche, la culture, la coopération et la défense, domaines vitaux pour les Européens.
Enfin, les conditions de déroulement des négociations soulignent une nouvelle fois la nécessité d'améliorer le fonctionnement démocratique de l’Union. Un accord n’existera qu’avec l’accord du Parlement européen, dont les droits doivent être respectés et renforcés. La règle de l'unanimité a une fois de plus montré ses limites, il est temps d'en réduire drastiquement le champ d’intervention.

