Yassine Benyettou candidat du Nouveau Front Populaire dans la 5ème circonscription des Yvelines répond à nos questions !
/image%2F5242621%2F20240705%2Fob_d674df_yb.jpg)
Yassine Benyettou, vous avez réuni 27,3% des suffrages le 30 juin dernier. Quels enseignements tirez-vous du 1er tour ?
YB : « Dans la 5ème circonscription des Yvelines nous avons réussi à endiguer l'extrême droite puisque nous avons battu Jacques Myard, maire de Maisons-Laffitte, candidat investi par Les Républicains (LR) et le Rassemblement National (RN). Cela n'est malheureusement pas le cas partout. Je retiens du 1er tour la victoire de la Gauche qui s'impose à nouveau comme un bloc fort, en capacité de gouverner, seul capable de s'opposer réellement à l'extrême droite.
Dans notre circonscription, nous arrivons deuxième, nous avons travaillé à ramener vers les urnes les habitants des quartiers populaires qui s'en éloignaient car la politique institutionnelle ne leur parlait plus. Le Nouveau Front Populaire, en investissant des militants de terrain, a permis la réalisation de campagnes alternatives réussies comme la nôtre : nous réalisons une poussée pour la Gauche dans la circonscription et en particulier à Sartrouville.
À côté de cela, les électeurs de Centre gauche, trop habitués au vote utile qui rime avec le vote Macron, ont voté pour Yaël Braun-Pivet. Je veux leur dire aujourd'hui que le rapport de force s'est inversé : électeurs progressistes, vous pouvez être ambitieux et voter pour nous, pour le Nouveau Front Populaire, pour un gouvernement responsable et de rupture ! »
Yaël Braun-Pivet est la candidate de la Majorité présidentielle sur la circonscription. Elle se pose en "force responsable et raisonnable, capable de rassembler, d'agir et d'apaiser". Qu'est-ce que cela vous inspire ?
YB : « La Macronie, dont Mme Braun-Pivet est une figure n'a jamais été et ne sera jamais une figure responsable, raisonnable et d'apaisement. Emmanuel Macron incarne et pratique une politique autoritaire, qui s'impose et s'oppose aux citoyens, leurs droits et volontés. Avec son gouvernement, ils ont pratiqué la politique de la terre brûlée qui divise les Français, sème le chaos dans le pays et renforce l'extrême droite, qu'ils ont amené jusqu'aux portes du pouvoir.
La présidence de l'Assemblée nationale par Mme Braun-Pivet a été totalement irresponsable : usage massif et disproportionné des sanctions contre les députés Insoumis, complaisance envers les députés du RN et alliance avec eux afin de faire adopter des lois mortifères comme la loi immigration. Mme Braun-Pivet c'est aussi le dévoiement de l'article 40 de la Constitution, réinterprété afin d'empêcher l'opposition d'abroger la réforme des retraites : elle a restreint le droit des oppositions au Parlement, créant un précédent particulièrement inquiétant si l'extrême droite obtient la majorité dimanche.
Enfin, la Macronie, le "en même temps", le centre qui vascille au gré du vent à Gauche et surtout à Droite est mort. Les Français la sanctionnent dans les urnes puisque ce camp semble incapable d'obtenir une majorité dimanche. Voter pour Mme Braun Pivet est contreproductif puisque cela contribuerait à atténuer les chances d'obtenir une majorité républicaine à l'Assemblée nationale et risquer ainsi de bloquer le pays si aucune force politique n'est en capacité de gouverner.
J'insiste : le vote utile aujourd'hui est le vote pour le Nouveau Front Populaire. »
Une partie du camp présidentiel rejette dos à dos le RN et La France Insoumise (LFI). Le barrage républicain a-t-il cédé ?
YB : « Le barrage républicain, c’est celui des Français, des électeurs progressistes, des électeurs de Gauche qui, depuis 2017 mais pas seulement, s'obligent en responsabilité à élire un Président qui s'attaque à nos acquis sociaux, qui précarise la population, qui refuse d'agir concrètement et avec des moyens pour les luttes anti racistes, féministes et écologistes.
Le barrage républicain c'est également la Gauche et ses électeurs qui le pratiquent. Pour la Macronie, le barrage républicain n'a été jusque-là qu'un argument électoral. Pour la première fois, ses représentants sont astreints à se positionner et nous pouvons alors jauger qui est républicain et qui ne l'est pas parmi eux.
Je salue tous les candidats Ensemble! qui se sont désistés, comme nous l'avons fait à Gauche sans attendre et sans résistances, pour faire barrage au RN. Je condamne en revanche ceux qui renvoient dos à dos des candidats qui défendent un programme commun de la Gauche qui porte des ambitions sociales, un projet économique de rupture et d'alternative, ainsi que des valeurs démocratiques et républicaines d’une part, et des candidats qui posent avec des casquettes nazies, anciens ou proches de groupuscules néofascistes et violents qui organisent des ratonnades dans notre pays d’autre part ... Plus largement, je dénonce ces candidats qui portent un programme dont ne reste que le racisme puisque Jordan Bardella en a déjà retiré toutes les mesures dites "économiques et sociales" destinées à tromper les classes populaires.
Ces gens sont irresponsables et dangereux pour notre pays, ce sont eux qui mettent en danger notre République. Nous appelons à voter pour tous les candidats qui s'opposent dans leur circonscription à un candidat du RN et nous attendons le même soutien : c'est cela le camp Républicain, c'est le Nouveau Front Populaire et tous ceux qui en font partie, les Insoumis y compris. »
La participation de LFI au Nouveau Front Populaire inquiète une partie des électeurs de Gauche et du Centre. Que souhaitez-vous leur dire ?
YB : « Cette réticence à soutenir les candidats de LFI existe dans le pays. Nous l'avons particulièrement vu dans notre circonscription dans laquelle les électeurs de Raphaël Glucksmann du 9 juin se sont reportés sur le vote Yaël Braun-Pivet au premier tour des élections législatives.
Militant associatif, je n’en suis pas moins investi par LFI pour ces élections et je veux alors m'adresser à ces personnes : ne tombez pas dans le piège de la diabolisation orchestrée par certains médias et des personnalités politiques irresponsables. Lisez le programme. Nous avons travaillé à constituer un large camp progressiste uni autour d'un programme complet qui fait consensus. Venez nous rencontrer, parler avec nous.
Le Nouveau Front Populaire porte une espérance, une voie de sortie contre la montée de l'extrême droite ainsi qu'un programme qui place au centre les questions sociales et écologistes, qui veut reconstruire l'Etat social et les liens sociaux. »
Le pouvoir d'achat est l'un des 1ers enjeux de ces élections lorsque l'on interroge les Français. Quelle est la principale mesure que vous défendrez une fois élu ?
YB : « Si nous sommes élus, nous décrèterons ce que nous avons appelé "l'état d'urgence social". Concrètement, il s’agit de mettre en œuvre des mesures qui auront un impact immédiat sur le pouvoir d'achat des Français : blocage des prix de première nécessité dans l'alimentation, l'énergie et le carburant, augmentation des minimum contributif et minimum vieillesse, augmentation du SMIC à 1600€ net et hausse de 10% du point d'indice des fonctionnaires.
Si je suis élu, j'œuvrerai évidemment pour la mise en œuvre de toutes ces mesures et des autres non citées, plus particulièrement la revalorisation des APL (+10%).
La question du droit et de l'accès au logement est centrale pour bâtir une société plus juste, plus égalitaire. Les loyers constituent le plus grand poste de dépenses des ménages, cela n'a pas toujours été le cas. Pour renforcer le pouvoir d'achat des Français il nous faut mener une politique ambitieuse sur le logement : construire des logements sociaux, réhabiliter ceux qui existent pour que chacun puisse y vivre dignement, encadrer les loyers... et donc commencer par revaloriser les APL. »
Ces mesures sont-elles financées ?
YB : « La question de la faisabilité du programme économique et des effets à l'échelle du pays et des Français individuellement se pose largement dans le débat public et est légitime. Nous la comprenons et nous y répondons de la façon la plus méthodique possible pendant cette campagne.
Le programme du Nouveau Front Populaire est entièrement chiffré, validé par des économistes tels que Julia Cagé, Michael Zemmour et la prix Nobel Esther Duflot.
Notre programme économique est viable et profite à l'immense majorité des Français et ce, même sur les questions de fiscalité. Nous le répétons depuis des semaines : pour 90% des Français, c'est-à-dire ceux qui gagnent moins de 4000€ net par mois, l'impôt sur le revenu n'augmentera pas. Nous voulons instaurer un impôt plus juste, avec plus de tranches pour éviter la situation actuelle dans laquelle des Français de classes populaire et moyenne se retrouvent à payer, en proportion, bien plus d'impôts que les plus riches. La règle est simple : chacun doit contribuer justement et équitablement à l'économie du pays. »
Que proposez-vous pour les salariés qui manquent de pouvoir d’achat et qui ne sont pas concernés par l’augmentation du SMIC ?
YB : « C'est une erreur de croire que l'augmentation du SMIC ne concerne pas tous les salariés. Augmenter le salaire minimum, c'est créer et accompagner une dynamique globale d'augmentation des salaires. L'enjeu sera alors d'accompagner ce mouvement en incitant les entreprises à renégocier réellement les grilles salariales chaque année. De plus, augmenter le SMIC signifie de facto augmenter le pouvoir d'achat des ménages qui consomment le plus et donc participent directement à la croissance économique globale. »
Et pour les chefs d’entreprise, en particulier pour les PME-TPE ?
YB : « L’instauration d’un système économique plus juste concerne également les entreprises. Actuellement, les grandes entreprises échappent massivement à l'impôt et ce sont les petites et moyennes entreprises qui sont la cible de la fiscalité. Nous voulons rétablir la justice fiscale en taxant mieux les grandes entreprises et en luttant davantage contre la fraude fiscale.
Il faut également mieux aider nos PME et TPE, a fortiori si une part d'entre elles rencontrent des difficultés pour absorber l'augmentation du SMIC. Au-delà de la fiscalité plus juste, nous les accompagnerons la première année via des facilités de trésorerie et le recours aux prêts à taux zéro. Ces solutions sont temporaires car le coût pour les PME le sera également : augmenter les bas salaires bénéficiera in fine aux entreprises par la hausse de la consommation. »
Les services publics sont sous tension. Que proposez-vous ?
YB : « Le programme du Nouveau Front Populaire fait grande place à la revalorisation et au renforcement des services publics (éducation, santé, transport...). Nous pensons que ce sont les services publics qui permettent l'égalité, la solidarité et l'émancipation des Français. En reconstruisant des services publics accessibles et adaptés aux besoins de chacun, alors nous améliorons les conditions de vie de tous. »
/image%2F5242621%2F20240628%2Fob_8f6919_logo-nouveau-front-populaire-2024.png)
/image%2F5242621%2F20240627%2Fob_61796b_nfp-5eme.png)
/image%2F5242621%2F20240612%2Fob_4dac26_plaine.jpg)
/image%2F5242621%2F20240612%2Fob_44ce5d_lnpn-tubes.png)
/image%2F5242621%2F20240612%2Fob_0208bc_lnpn-phase.png)
/image%2F5242621%2F20240318%2Fob_ea0f0f_fr-ukr-01.png)
/image%2F5242621%2F20240303%2Fob_7c4ad6_2024-02-28-propositions-agri-rectangle.jpg)
/image%2F5242621%2F20240303%2Fob_b37987_2024-02-28-propositions-agri-rectangle.jpg)
/image%2F5242621%2F20240303%2Fob_7b0b3d_2024-02-29-pac.png)
/image%2F5242621%2F20240303%2Fob_ebac71_2024-02-29-concurrence.png)
/image%2F5242621%2F20240220%2Fob_c485cf_piste-cyclabe.jpeg)
/image%2F5242621%2F20240220%2Fob_fab1c8_rer.jpg)
/image%2F5242621%2F20240220%2Fob_cca05f_ps-montesson.png)
/image%2F5242621%2F20240128%2Fob_1b5070_salade-de-montesson-n-15-1.jpeg)
/image%2F5242621%2F20240128%2Fob_4981a7_salade-de-montesson-n-15-2.jpeg)