Des perspectives diverses pour la démocratie en Europe
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L’élection présidentielle française a éclipsé d’autres évènements majeurs pour la démocratie en Europe ces dernières semaines. Petit rappel de l’actualité politique européenne :
1) en Slovénie, le Premier ministre Janez Jansa a été viré la semaine dernière, par des électeurs slovènes fatigués de son virage autoritaire ces deux dernières années : attaques contre la presse (privée de financement public), harcèlement en ligne contre certains journalistes, pressions sur la justice (blocage puis ingérence dans la nomination des procureurs délégués au Parquet européen), limitation des droits de l’opposition, etc. Fait exceptionnel, le Parlement européen avait adopté une résolution condamnant les entorses à l'Etat de droit en Slovénie…au moment même où celle-ci exerçait la présidence tournante de l’UE, fin 2021 !
2)en Pologne, les questions d'Etat de droit ont été éclipsées par l'accueil massif de réfugiés ukrainiens (sur 5,3 millions, 6 sur 10 sont en Pologne selon le Haut-Commissariat des Nations-Unies aux Réfugiés). Un accueil à mettre au crédit de la population, des ONG et des collectivités locales, peu aidées par le gouvernement central qui a pourtant reçu 562 millions d'€ de fonds européens pour financer cet accueil. Au-delà, le parti au pouvoir (PiS) n'a pas abandonné son idéologie ultraconservatrice : le problème des chambres disciplinaires dans la branche judiciaire n'est toujours pas réglée (en conséquence, le plan de relance polonais n'est toujours pas validé par la Commission européenne) et on constate aussi les conséquences funestes de la quasi-interdiction de l'avortement pour les réfugiées ukrainiennes violées par des soldats russes ;
3) en Hongrie, le Premier ministre Viktor Orban a de nouveau gagné les élections législatives, de façon assez large.Il continue à vouloir écraser son opposition, comme le démontrent les récents blocages et la sous-représentation de cette opposition à certaines fonctions dans le nouveau parlement hongrois. Mais à vouloir tenir tête à l'UE, tant sur le plan géopolitique (en tant que relais de la Russie) que sur celui des valeurs, Orban se trouve particulièrement isolé. Et la Commission européenne a enfin déclenché à son encontre le mécanisme de conditionnalité à l'Etat de droit et de protection du budget de l'UE.
La semaine prochaine, le Parlement européen insistera pour que la procédure de l’article 7 du traité de l’UE (qui peut aboutir, pour la Hongrie, à la privation de son droit de vote au Conseil européen) reprenne à bon rythme : l’aboutissement rapide de cette démarche (qui traîne depuis des années) pourrait éviter qu’Orban bénéficie d’un droit de véto sur les sanctions encore à venir à l’encontre de la Russie, notamment les embargos énergétiques.
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